Une belle histoire de bague tibétaine argent turquoise

Publié le : 27/01/2016 00:40:07
Catégories : Voyages Himalaya


«Bhot» ou «Bod» désigne le Tibet lui même, et «Bothé» est le terme utilisé par les habitants de la vallée de Katmandou pour désigner les personnes ou les objets qui en sont originaires. Ainsi, un jour où je demandais à mon joaillier de faire pour moi une bague tibétaine, sa réaction fût «Ah! Un anneau Bothé?». Pour lui, l'anneau Bhoté désignait précisément un style et une ligne très particuliers.

Enfant, tandis que je grandissais à proximité du quartier de réfugiés tibétains de Bodnath, j'eus longtemps l'occasion d'observer les allées et venues de ces groupes d'hommes, femmes, et enfants autour du marché. Leur manière de s'habiller, de se comporter, tranchait avec celle des habitants de la vallée. Souvent, je les voyais apparaître, rester une semaine, puis disparaître pendant plus d'une année. Ils arrivaient, souvent, menant leurs caravanes chargées d'herbes exotiques de l'Himalaya, d'épices, de sel tibétain, et même parfois de ces chèvres si typiques des hauts plateaux. C'est à Katmandou qu'ils venaient vendre leurs marchandises avant de remonter au Tibet.

Des nombreuses et émouvantes images qui restent gravées dans ma mémoire de ces commerçants nomades, les plus inoubliables sont celles concernant les hommes du Tibet. Nous avions l'habitude de voir des moines bouddhistes itinérants, mais ces marchands, bien que venant de la même région, étaient bien différents. Ils étaient robustes et rudes. Leurs cheveux longs et poussiéreux tombaient parfois jusqu'à des pommettes saillantes surplombant des joues ravinées et tannées par le soleil brûlant de l'altitude. Ils ressemblaient aux yaks et aux poneys trapus qui leur servaient de montures et les portaient des plateaux tibétains jusqu'à Katmandou. Comme pour leurs compagnons animaux, la poussière envahissante, les vents, les tempêtes de neige comme les chaleurs torrides, toutes ces épreuves qu'ils avaient dû endurer pendant des semaines et des mois en menant leur caravane à bon port avaient laissé leurs marques. Mais sous cet enveloppe extérieure parfois fruste se cachait en fait un trésor, leur passion pour la joaillerie. A leur cou, sous les fourrures, se mêlaient des colliers faits de turquoise et de perles de corail. Leurs doigts étaient couverts par des bagues en argent ou en or, massives, serties d'impressionnantes gemmes. Certains de ces anneaux aux formes originales, ornés de motifs étranges et complexes, constituaient sans conteste la plus grande part de leur patrimoine personnel.

Ces caravanes de mon enfance se faisant plus rares, lors de mon récent voyage au Népal, j'ai voulu faire revivre d'une autre manière ces souvenirs de bijoux tibétains. Je voulais demander à mon artisan bijoutier de réaliser pour moi une bague à la manière traditionnelle des montagnards.

Mais trouver une vraie turquoise tibétaine de taille convenable ne fut pas une mince affaire ! Avec la demande toujours plus importante de turquoise tibétaine en Chine, les pierres sont devenues extrêmement rares, et les prix se sont envolés. Néanmoins, après une journée complète de recherche à sillonner la ville d'un marché à l'autre, alors que la nuit approchait, je finis par trouver mon bonheur. Dans une toute petite boutique nichée entre deux écrasantes et gigantesques tours résidentielles, le marchand, un vieux tibétain, sourit à ma demande et me tendit une bourse. Dedans, ô merveille, je découvris un magnifique cabochon de turquoise, d'une taille idéale pour ce que j'avais en tête.
Dés le lendemain matin, je me précipitais dans l'atelier de mon ami, et nous dessinâmes ensemble la forme que devait prendre la bague en argent que je souhaitais pour porter la pierre: l'anneau devait être aussi massif que la turquoise et orné de motifs traditionnels tibétains. Ces ornements ne devaient néanmoins pas être vides de sens: je voulais, comme pour les bagues bouddhistes tibétaines des hauts plateaux que j'avais en mémoire, qu'ils stimulent la méditation et élèvent la pensée.
Et par dessus tout, cette bague devait être d'une beauté inoubliable...

Mon ami se mettant au travail, je pris ma caméra, fis les réglages nécessaires, et je fus vite prêt à capturer la mise au monde de cette bague entre les mains de l'expert. Le travail était captivant, et bien plus tard, turquoise, argent, concentration et adresse, accompagnés d'un brin d'imagination prirent enfin la forme d'un anneau somptueux, aussi massif, lourd et robuste qu'on puisse imaginer. La turquoise, aussi imparfaite à l'état brut que peut l'être notre conscience à l'état naturel, était sublimée, gardée par un double dorjes, destructeur de l'ignorance et éclair de l'illumination. La sombre patine d'oxydation de l'anneau découlant du travail de l'argent était conservée, évoquant la texture vénérable d'un objet qui aurait été protégé des siècles dans un monastère. Ses motifs tourbillonnants symbolisaient les vents d'altitude des plateaux du tibet qui emportent au travers des drapeaux de prière les bénédictions d'un message de paix et d'harmonie, ces vents aussi qui élèvent les esprits de tous les êtres vivants.

Cet anneau, métaphoriquement et physiquement, a maintenant fait un long chemin jusqu'en France.
Il est temps désormais qu'il trouve un porteur digne de lui donner une longue et mémorable vie.

Vous pouvez maintenant vous offrir cette bague en argent massif et turquoise dans notre Boutique Tibétaine SAVDANA.

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